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Fragments métaphysiques 16

  • christophe lartas
  • 1 févr.
  • 2 min de lecture

Fragments métaphysiques (2025) 16


Les portes du temps 3©collage, Nathalie Géraux
Les portes du temps 3©collage, Nathalie Géraux

Fragments métaphysiques 16


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Lorsqu’un individu lambda tel que moi, parfaitement résigné depuis des années à sombrer dans le néant — le repos éternel, certes — à tout jamais à l’heure du trépas (bien que la petite voix intérieure reliée à l’Ailleurs, comme en surplomb depuis toujours sur notre personne, lui murmure incessamment qu’il connaît au tréfonds de son être que la mort, telle qu’il l’entend, n’existe pas), se doit de remettre sérieusement en question, s’il est tout à fait honnête avec soi-même, suite à l'écoute de divers témoignages, diverses lectures, et, par dessus-tout, quelques expérimentions de phénomènes supraphysiques, sa certitude d’une mort définitive et absolue, voire admet clairement qu’il éprouve désormais en son for intime, à l’inverse, la quasi-certitude que sa conscience survivra à cette mort, il lui faut opérer un bien autre effort de lâcher-prise psychique, et de mise à l’écart de la « raison », que les mystiques et gens de foi évoqués dans le fragment 59, pour concevoir l’existence de ce monde spirituel dont la véracité bouleverserait de fond en comble la totalité des conceptions scientifiques de l’univers, le plus souvent matérialistes, dont nous sommes abreuvés depuis au moins deux siècles, quoique la physique quantique la plus impartiale et la plus intègre remette toujours plus sévèrement en cause lesdites conceptions.


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Et quand la raison pure (expression de l’ego sceptique et dubitatif) est donc mise à l’écart au profit de l’intuition pure (émanation confiante et intense du Soi), que demeure-t-il, sinon ce stupéfiant et fantastique axiome : le monde physique est, en vérité, la manifestation d’un songe transitoire ; le monde métaphysique, la manifestation d’une réalité éternelle et intemporelle.


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Dans l’hypothèse où l’univers serait une émanation d’un Principe divin, j’admets que la non-dualité soit l’une des lois essentielles du monde supraphysique, mais, jusqu’à preuve du contraire, j’affirme que la dualité est de même l’une des lois essentielles de l’univers, à tel point que chaque fois qu’un empire (ou une nation) est parvenue à un haut degré de puissance, il s’en est ensuivi pour celui-ci une chute sévère à plus ou moins long terme (voir Louis XIV et Napoléon Bonaparte pour la France, par exemple). En effet, trop de lumière amène nécessairement à un regain de ténèbres, l’équilibre s’avérant être la chose la plus difficile à atteindre, ou à préserver, ici-bas, que ce soit pour une nation, un peuple, une famille, voire un individu.


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Les énergies métaphysiques, qu’elles relèvent du bien ou du mal, interpénètrent à chaque instant le monde physique, et ce, depuis l’origine, car telle semble être la loi universelle ou divine. Comparativement à nos lointains ancêtres dont les perceptions extrasensorielles, en général, étaient bien plus développées que les nôtres, ainsi que l’ouverture d’esprit aux intuitions supraterrestres, nous, les modernes, sauf rares exceptions, ne pouvons sentir l’interpénétration de ces deux mondes que lors d’évènements exceptionnels, le plus souvent tragiques, plus rarement d’essence merveilleuse, qui, parfois dans l’intervalle d’un moment, parfois de façon définitive eu égard à un contexte crucial, ouvrent à nouveau (comme aux époques de jadis) tout notre être aux intuitions métaphysiques et aux forces soit agissantes, soit seulement présentes, de l’au-delà.



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