Fragments métaphysiques 14
- christophe lartas
- 13 janv.
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Dernière mise à jour : 1 févr.
Fragments métaphysiques (2025) 14

Fragments métaphysiques 14
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Nulle vérité uniforme en matière de connexion au Soi ; pour certains, se contenter d’être au calme sera le plus sûr et le plus paisible chemin pour entendre la voix des profondeurs — cette voix insufflant toute notre chair, mais comme émanant d’ailleurs. Pour d’autres, c’est dans les efforts de l’action que, à un moment ou à un autre, fût-ce au plus fort du mouvement, voire du tumulte, qu’ils accéderont sans doute à la pure voix de leur conscience. Mais au final, à dire vrai, quand la relation est faite de façon régulière au Soi, et qu’on ne triche pas avec le fond de sa nature, les voies d’accession au noyau interne peuvent aisément s’intervertir.
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L’âge sombre, ou Kali Yuga, selon la tradition hindoue, a débuté en – 3102 avant J.C. ; pour ma part, je situerais le commencement de l’ère satanique occidentale non seulement lors la Révolution Industrielle anglaise qui donna lieu à la première ouverture d’usine (ce parfait enfer terrestre) en 1771, mais encore lors de la Révolution française de 1789, théâtre de la bêtise et de la démence humaine par excellence. Ceci dit, si j’allais au fond de ma pensée, je ferais sans doute débuter le Kali Yuga dès la fin du nomadisme, avec le processus de sédentarisation de l’homme ; voire dès l’avènement de l’Homme de Cro-Magnon (dit « Homo Sapiens », quelle mystification), et la disparition progressive de nos ancêtres Néandertaliens, que j’imagine davantage spirituels, moins rusés, moins malveillants, et donc moins aptes à prospérer et à perdurer quand prit naissance l’âge sombre.
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Ceux qui nient la dualité terrestre qui implique nécessairement un principe du Mal et un principe du Bien, sont, soit dans la bêtise la plus complète (dans l’hypothèse où ils sont plutôt sincères), soit dans le mensonge le plus éhonté. La Terre serait-elle le déroulement infiniment recommencé et diversifié du jeu divin (le Lila des Hindous), serait-elle illusion éphémère (la Mâyâ de ces mêmes Hindous) voilant la nature réelle de la création, qui est la non-dualité absolue car tout procède de la Divinité une et indivisible, quiconque niera la part de ténèbres qui est le lot de chaque homme (tout comme, par ailleurs, la part de lumière), tombera dans l’imposture et la tartufferie les plus répugnantes qui soient, et ce, de façon immanquable, car, comme le disait parfaitement Blaise Pascal : L’homme n’est ni ange ni bête, et le malheur veut que qui veut faire l’ange fait la bête.
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Le Principe primordial souhaite-t-il réellement, comme l’affirment certains spirituels et ésotéristes re tradition chrétienne, fussent-ils sincères, que l’ensemble des êtres humains se transforment peu à peu en figures christiques ? Je ne le crois pas, ne pouvant m’empêcher de penser que la Divinité aime l’infinie diversité des âmes humaines ; cependant, d’un autre côté, Adolf Hitler et Joseph Staline eussent-ils suivi la même voie, au service des plus sinistres démons du bas-égo, s’ils avaient prêté une oreille attentive à la voix la plus profonde de leur conscience, la voix du Soi ? Je ne le crois pas non plus ; et, dans cette hypothèse, il n’est pas interdit d’envisager que Joseph Staline aurait pu devenir un romancier populaire de grand talent, à l’expression féroce et puissante, tel un Émile Zola, tandis que Adolf Hitler aurait pu de même devenir un grand peintre expressionniste, à l’œuvre intense et hantée, tel un Edvard Munch.

