Fragments métaphysiques 11
- christophe lartas
- 9 nov.
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Fragments métaphysiques (2024 - 2025) 11

Fragments métaphysiques 11
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Que les jeunes gens qui possèdent encore une âme dans cette basse époque où les individus ne possédant qu’un égo hypertrophique doublé d'un énorme vide intérieur, exempt de questions métaphysiques, sont toujours plus nombreux, se rassurent : le frisson d’effroi qu’ils ressentent à l’idée de leur mort ou de celle de leurs proches, cette grande révolte qui bouillonne en eux à l’idée du scandale apparent de la mort, elle s’amoindrira de façon inévitable avec le temps. Et même, l’âge aidant, avec cette fatigue émotionnelle et existentielle qui grandira dans tout leur être, en conséquence des vicissitudes de chaque existence humaine, ils en viendront non seulement à accepter réellement l’idée de leur mort, ou de celle de leurs proches, mais encore, pour certains qui auront connu des épreuves et des drames hors de mesure, ils pourraient envisager leur mort prochaine comme une authentique délivrance, qu’elle débouche sur l’éternité ou le néant.
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Il n’est nul besoin de se plonger à longueur de temps dans la Bible, le Tao Të King ou le Bhagavad-Gita si l’on veut sentir le souffle divin s’élever à l’intérieur de soi ; il est possible de se relier à tout instant à ce souffle en faisant taire les mille voix de l’égo au profit de la voix de notre pure conscience (peut-être éternelle), de notre Soi profond, lui-même peut-être relié au divin depuis sa création. Cependant, il est également vrai que les voix de notre égo, qui produisent de façon continue un tintamarre d’enfer dans notre esprit si fragile, sont un sérieux obstacle à la chose.
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Il est connu que beaucoup d’enfants (dont certains conserveront même à l’âge adulte ces dons médiumniques) voient par moments des défunts, voire dialoguent avec ces derniers. Le matérialiste et athée qui ne verrait là que des tendances à la schizophrénie, ou à l’autisme, serait un parfait imbécile rempli d’orgueil et de prétention.
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Qui n’est pas saisi, sinon quotidiennement, au moins fréquemment, par la triple expression de cet univers : son insondable étrangeté, sa miraculeuse manifestation, son incognoscible mystère, comment en effet pourrait-il envisager un seul instant la possible survie de la conscience de chacun après la mort, et la présence à la fois immanente et transcendante d’un Créateur de toutes choses ?
