Fragments métaphysiques 9
- christophe lartas
- 22 mai
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Dernière mise à jour : 19 sept.
Fragments métaphysiques (2024 - 2025) 9

Fragments métaphysiques 9
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Les anciens Grecs avaient fort raison de rechercher l’équilibre en toute chose dans la nature humaine et de craindre les ravages de l’hubris ; de fait, chacun d’entre nous, eût-il une réelle idiosyncrasie d’individu hors-norme, de déviant-né, à la base, paiera toujours le prix de ses déséquilibres internes initiaux s’il ne parvient pas à les tempérer, d’une façon ou l’autre, en se rapprochant le plus possible des lois universelles, ou, peut-être, lois divines.
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La puissance du mal sur la Terre semble illimitée et invincible, si l’on s’en fie à l’histoire de l’humanité depuis la nuit des temps. En effet, les êtres malveillants et malfaisants, portés par les énergies les plus noires de l’ego, disposent souvent d’une vigueur qui semble dépasser outre mesure les manifestations des gens de bien, dont le rayonnement sur les sociétés humaines apparaît le plus souvent plutôt doux, discret, voire diffus ; mais il n’est pas sûr que ce rayonnement, au final, soit moins énergique que celui du mal, faute de quoi la Terre serait de toute éternité un enfer total, parfaitement invivable, fondé uniquement sur l’horreur mécanique, répétitive et universelle.
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Ma raison, avec tout le poids et la précarité de mon corps physique, me dit qu’il serait fou de croire qu’une Intelligence suprême a créé notre univers, et tout ce qui en découle ; mon esprit, avec toute la force de ses intuitions et la variété de ses ressentis, me dit qu’il serait fou de croire que le monde n’est que le produit du chaos ou du hasard. Entre les deux options, mon cœur balance en permanence, comme beaucoup d’entre nous.
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Une autre caractéristique de l’orgueil démiurgique des hommes est le fait que, alors qu’ils ont refusé durant des siècles la possibilité que les animaux aient une âme, il assurent déjà que les intelligences artificielles en auront bientôt une, si ce n’est déjà fait. Mais il est vrai que, étant donné que ladite intelligence artificielle est une création de l’homme, et qui plus est de l’homme moderne, il allait presque de soi que l’hubris de celui-ci en vienne assez rapidement à envisager qu’il ait pu créer un nouveau type de conscience, voire d’âme.
